• Le carillon bat dans la pluie

    Méticuleuse de province.

    Le carillon bat, chante et grince

    Sous ma fenêtre et je t'écris:

    " Il pleut. Vas-tu m'aimer longtemps, ma tendre amie? "

     

    Je n'en sais rien, tu n'en sais rien

    Et notre amour si plein de frissons et de grâce

    Pourrait mourir, comme le soleil passe,

    Comme un brisement frais du vent léger s'éteint,

    Sans que rien ait changé du monde et de l'espace,

    Sans que mon coeur en soit, hélas ! moins incertain.


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  • Le brouillard a tout mis

    Dans son sac de coton;

    Le brouillard a tout pris

    Autour de ma maison.

     

    Plus de fleurs au jardin,

    Plus d'arbres dans l'allée;

    La serre du voisin

    Semble s'être envolée.

     

    Et je ne sais vraiment

    Où peut s'être posé

    Le moineau que j'entends

    Si tristement crier.


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  • Les feuilles ne sont plus que cendres et que rouilles,

    Le jour est mort, le ciel est dépeuplé d'oiseaux;

    Déjà la lune monte, et déjà les grenouilles

    De leur chant querelleur ont troublé les roseaux.

     

    (Points et contrepoints)


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  • Les hirondelles sont parties.

    Le brin d'herbe a froid sur les toits;

    Il pleut sur les touffes d'orties.

    Bon bûcheron, coupe du bois.

     

    Les hirondelles sont parties.

    L'air est dur, le logis est bon.

    Il pleut sur les touffes d'orties.

    Bon charbonnier, fais du charbon.

     

    Les hirondelles sont parties.

    L'été fuit à pas inégaux;

    Il pleut sur les touffes d'orties.

    Bon fagotier, fais des fagots.

     

    Les hirondelles sont parties.

    Bonjour l'hiver ! bonsoir ciel bleu !

    Il pleut sur les touffes d'orties.

    Vous qui tremblez, faites du feu.

     

    (Chansons des rues et des bois)


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  • Septembre. La journée est transparente et pure.

    L'automne semble un beau souvenir de l'été,

    Et ne menace pas encore les feuilles mûres.

     

    Le ciel est une immense coupe de clarté.

    Le visage sacré de la terre respire

    La paix, la plénitude et la fécondité.

     

    Les vignobles heureux dans le fleuve se mirent.

    Sous l'eau calme, chargés du don des pampres lourds,

    Les coteaux inclinés se regardent sourire.

     

    Autour de son clocher là-haut sommeille un bourg;

    La chaleur sur les toits vibre et se réverbère,

    Et l'on entend chanter les poules dans les cours.

     

    Pas une âme dehors. C'est la saison prospère

    Où, sans qu'il soit aidé par le travail humain,

    Seul dans les champs déserts, le grand soleil opère

    Le miracle éternel qui nous donne du vin.

     

        ( Les voix de la terre et du temps)

     


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